Eduquer


Dernièrement, un disciple m’a demandé comment éduquer les autres et je lui ai répondu que c’était à chacun de trouver sa méthode.
En ce qui me concerne, je préfère l’éducation par la douceur, la profondeur et la légèreté.
Cependant, il y a des personnes qui ne comprennent pas cette méthode et je dois par conséquent élever la voix et mettre de l’énergie pour les réveiller. Ce qui forcément me détruit et fait mal.
Je suis sur terre pour réveiller ceux qui sont endormis dans leurs certitudes et leurs habitudes.
C’est ma seule mission et ma seule raison de vivre. Il y en a pas d’autres.
Il y a des disciples qui ont des liens profonds avec moi et avec qui je suis ami. Ceux-là n’ont pas besoin qu’on leur crie dessus. Ils comprennent et font ce qu’ils ont à faire. C’est l’idéal.
Je demande aux éducateurs d’être doux et gentils avec leurs proches et de développer les bonnes qualités.
Quand je ne serai plus là, alors ils feront comme ils voudront.
Pour être un bon disciple, il faut posséder de grandes qualités humaines. Quant aux manques de chacun, chacun doit travailler dessus et travailler encore.
Nous ne devons pas rester figés comme une eau stagnante et répéter sans cesse les mêmes tendances.
Beaucoup de disciples paresseux se font crier dessus par leur maître et, au lieu de libérer le maître de cette souffrance, ils continuent comme par le passé. Puis, un jour, ils en ont assez de se faire remonter les bretelles et partent avec l’esprit de critique.
Certains forment même des clans pour pratiquer ensemble, décidés à se passer du maître en espérant atteindre l’éveil ou autre chose.
Un disciple doit d’abord être un homme vrai puis il doit développer Bodaishin, l’esprit de la Voie, sinon sa venue n’a aucun sens.
Il est important d’avoir de la détermination dans ce que l’on entreprend pour ne pas se retrouver dans le futur dans une situation désagréable et décevante.
Maître et disciples devraient être amis. Mais pour cela, il faut avoir l’esprit du maître.
Qu’est-ce que l’esprit du maître ? C’est l’esprit du débutant.
Je garde toujours l’esprit du débutant et mes nombreux maîtres sont la nature elle-même.
Je ne pense jamais être maître.
Je fais seulement le vœux de devenir un homme qui n’a pas honte de se montrer nu devant la lune du soir.
Les pouvoirs, les connaissances, les sagesses, les intelligences et les savoirs sont des armures trop lourdes à porter.
Tous les êtres ont peur de la mort, mais il n’y a pas de mort. Rien qu’un changement de monde.
C’est pourquoi nous devons apprendre à changer, changer et changer encore.
C’est cela, suivre le courant naturel des choses.
Tout ce qui est figé dépérit et tout ce qui change vit éternellement.

Vous êtes nombreux à éduquer.
Soyez bons et patients, détachés et présents.