L’ignorance


J’enseigne la connaissance afin de parvenir à l’ignorance et non pour laisser l’ego s’approprier la connaissance à son profit.
La connaissance n’est qu’un outil pour prendre conscience des nombreux obstacles installés dans la conscience profonde.
Être ignorant, c’est cesser de se juger et de juger le monde et les choses, c’est mettre fin aux conflits intérieurs et aux critiques.
C’est en finir avec le nourrissage de l’ego souverain et ignorant.
Il y a la véritable ignorance, celle qui libère l’esprit, et il y a l’ignorance stupide qui méconnait la nature du monde.
Ces deux ignorances ne doivent pas être considérées comme identiques.
S’il est dit dans les sutras que « notre nature est ignorance », il n’est écrit nulle part que notre nature est connaissance !
Si notre nature profonde est semblable au vaste ciel, comme lui elle est libre d’obstacles et libre d’humeurs.
Enseigner aux autres des connaissances, c’est enseigner la dualité.
Car lorsqu’il y a connaissance, il y a son opposé : l’ignorance, ce qui divise les êtres en deux catégories.
Lorsque les êtres et les choses sont classées en catégories, il existe alors le bien et le mal, le bon et le mauvais, ce qui est aimé et ce qui est détesté.
S’il vous plaît, ne considérez pas la connaissance comme une chose à développer ou à maintenir.
Connaître nos obstacles par les outils de la connaissance devrait nous faire revenir intimement à notre vraie et indestructible nature de Bouddha.
De même qu’il ne faut pas rechercher la connaissance, ne recherchez pas la sagesse.
Tout ce que votre esprit recherche et crée est artificiel.
La sagesse naît de la connaissance et de la connaissance naît l’ignorance.
Cependant, sachez que la nature de l’ignorance a toujours été là. Recouverte par les nombreuses illusions, elle est toujours là comme une perle brillante cachée dans la grotte du démon de la montagne noire.
Tout vient de l’ignorance, y compris la connaissance.
Ne soyez pas attachés à la connaissance mais utilisez-la pour éclairer l’obscurité de votre esprit confus.
Il en est de même pour la connaissance et la beauté : poser les yeux sur la beauté c’est les poser sur la mort.
Impermanentes sont connaissances et beautés.